La photo souvenir
Il semblerait que ce soit davantage à son caractère d’empreinte indubitable que la photo doit son usage de souvenir, plutôt qu’à ses pouvoirs de restitution du passé, car elle est rarement un acte de souvenance véritable. Elle en appelle, en suscite, par associations, rapprochements, expansion métonymique. C’est là son efficacité majeure : elle recrée des réseaux, plus qu’elle ne ressuscite le passé. Elle joue son rôle dans la socialisation des images du passé et le partage des souvenirs, donc en un sens dans la déclinaison de notre identité. Mais de la façon la plus cruelle qui soit : en soulignant surtout notre impuissance radicale au regard du temps qui s’est écoulé sans remède.























































































