Novlangue, 1984 (Orwell) – La liste offensante

1984

Langage convenu et rigide destiné à dénaturer la réalité.
« Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? À la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer.
Tous les concepts nécessaires seront exprimés chacun exactement par un seul mot dont le sens sera délimité. Toutes les significations subsidiaires seront supprimées et oubliées. (…) Le processus continuera encore longtemps après que vous et moi nous serons morts.
Chaque année, de moins en moins de mots, et le champ de la conscience de plus en plus restreint. Il n’y a plus, dès maintenant, c’est certain, d’excuse ou de raison au crime par la pensée. (…) La Révolution sera complète quand le langage sera parfait. (…)
Vous est-il jamais arrivé de penser, Winston, qu’en l’année 2050, au plus tard, il n’y aura pas un seul être humain vivant capable de comprendre une conversation comme celle que nous tenons maintenant ? » Extrait de 1984, G.Orwell

La liste offensante

En G.B., des sociologues ont dressé une liste de mots « offensants » à ne plus employer.
Extrait du Télégraph 20.09.08
Cette liste comprend par exemple l’expression « Grands Maîtres », utilisée depuis des siècles pour désigner les grands peintres. La quasi-totalité d’entre eux étant des hommes, le «Grand Maître» serait discriminatoire envers les femmes et il est conseillé de le remplacer par « artiste classique ».
« J’ai été vraiment pris de court quand j’ai découvert que le terme « Chinese Whisper » (téléphone arabe) était offensant, parce qu’il pourrait avoir une connotation raciste. J’ai été désespéré de constater que le mot « civilisé », l’un de mes préférés, ne devait pas être utilisé par les auteurs respectueux des différences culturelles, car il aurait une connotation raciste ». Pour le professeur Furedi, cette censure s’apparente à une « police du comportement moral » menée par une armée de groupes militants, d’enseignants et de médias, qui mènent une « croisade » en vue d’interdire certains mots et pour promouvoir leurs propres solutions politiquement correctes.
La liste des mots proscrits est maintenant envoyée à de futurs auteurs par Policy Press, un éditeur de livres et de revues sur les sciences sociales de l’Université de Bristol. La liste est également employée par plusieurs universités.
La School of Policy Studies de l’Université de Bristol par exemple recommande cette liste en vue d’aider les étudiants à « remettre en cause les a-priori hétéro-sexistes » . Elle a également été incluse dans une « boîte à outils » proposée par le site internet de l’Université de Leeds et destinée à lutter contre le racisme institutionnel.
Une école secondaire de Norwich a même inclus un lien vers cette liste sur son site. Selon l’école, « les élèves devraient examiner dans quelle mesure nous reproduisons par inadvertance des préjugés sexistes dans notre langage écrit et parlé ».
Bien que ne figurant pas sur la liste de Policy Press, le BSA (British Sociological Association) met en garde contre l’utilisation du mot« civilisation » à cause de sa « connotation raciste dérivée d’une vision colonialiste du monde »
Le novlangue se développe et se répand à la vitesse d’un cheval au galop. Comme dans bien d’autres domaines, on assiste à une dénaturation du langage, les médias étant le gros porteur du nouveau vocabulaire. Curieusement, ces mots du novlangue ont une fonction banalisante, visant à adoucir la réalité pour cacher volontairement des choses qui ne seraient pas bonnes à dire, mais aussi, et surtout, pour lobotomiser les cerveaux et ainsi éviter des réactions brutales.
http://archives.polemia.com/article.php?id=5443

La Lingua Tertii Imperii -LTI

La langue du Troisième Reich » Viktor Klemperer.
« les mots peuvent être comme de minuscules doses d’arsenic : on les avale sans y prendre garde, ils semblent ne faire aucun effet, et voilà qu’après quelques temps l’effet toxique se fait sentir » (p. 40).

… La langue du nazisme contribue à la propagation de l’idéologie nazie par une rhétorique dont les phrases et symboles « obscurcissent l’intelligence » (p. 84) …
… La LTI est une maladie de la langue qui touche « tous les domaines de la vie privée et publique » (p. 45)….
… Elle contamine la pensée de tous, opposants ou victimes du nazisme compris…
… Klemperer montre comment le totalitarisme s’insinue dans le langage courant et s’inscrit au plus intime de chacun par l’adoption mécanique et inconsciente de l’idéologie véhiculée par les mots, expressions et formes syntaxiques

Vitcor Kemplerer, rappelle les mots d’Hitler :

« je ne suis pas un dictateur, j’ai simplifié la démocratie ».

http://www.revue-interrogations.org/Victor-Klemperer-LTI-la-langue-du

LTI

La langue ne ment pas/ Stan Neumann Le journal de Viktor Klemperer