Photo

La photo plasticienne

Difficile de donner une définition précise de la photographie plasticienne tant les pratiques diffèrent d’un artiste à l’autre. Cependant, alors que la photographie « classique » chercherait à proposer une représentation fidèle du réel, le « photographe plasticien » aurait vocation à mettre en scène l’espace et les personnes ou objets qui le composent, selon une mise en scène savamment orchestrée. Ainsi, la photographie n’a plus d’autre sujet qu’elle même invitant le spectateur a une réflexion plus qu’à une contemplation de l’esthétique.   photo plasticienne

La photo souvenir

Il semblerait que ce soit davantage à son caractère d’empreinte indubitable que la photo doit son usage de souvenir, plutôt qu’à ses pouvoirs de restitution du passé, car elle est rarement un acte de souvenance véritable. Elle en appelle, en suscite, par associations, rapprochements, expansion métonymique. C’est là son efficacité majeure : elle recrée des réseaux, plus qu’elle ne ressuscite le passé. Elle joue son rôle dans la socialisation des images du passé et le partage des souvenirs, donc en un sens dans la déclinaison de notre identité. Mais de la façon la plus cruelle qui soit : en soulignant surtout notre impuissance radicale au regard du temps qui s’est écoulé sans remède. photo souvenir

La photo d’art

Pour pouvoir vendre une photographie comme de l’art, il faut qu’elle réponde à des critères bien précis. En France, ces conditions ont été définies dans le Code Général des Impôts. L’article 98 A  indique que sont considérées comme œuvres d’art « Photographies prises par l’artiste, tirées par lui ou sous son contrôle, signées et numérotées dans la limite de trente exemplaires, tous formats et supports confondus ». Très claire, cette définition met en évidence trois points, le nombre limité de tirages, et le fait qu’ils soient réalisés par lui et sous son contrôle.

La photo légende

« On ne sait jamais si une photo est ce qu’elle dit à priori ou ce que la légende lui fait dire ». (M. Onfray)

« Une photo, au sujet de laquelle aucun renseignement écrit ou verbal n’est fourni, peut amener le spectateur à une impression diffuse, lui donner un sentiment de bonheur esthétique, semblable à celui que peut produire une belle musique ou certains tableaux abstraits. Dans ce cas il n’est pas utile d’identifier le sujet. Le grand panneau de Brassai à la maison de l’U.N.E.S.C.O. peut être apprécié et plaire sans savoir qu’il représente, agrandis à l’extrême, des roseaux dans une eau dormante. Il s’agit ici d’une photo isolée ; une suite d’images dans le temps ou dans l’espace peut par le rapprochement des clichés successifs ou juxtaposés conduire le spectateur à une réflexion particulière, mais parfois aussi à une conclusion erronée. (R. Barthes) ».
Et lorsque l’image et la légende n’ont à rien à voir à priori, on peut difficilement s’empêcher de faire le lien, de chercher, de créer même du sens, entre les images et les légendes pourtant choisies arbitrairement. De ces associations systématiques, fruits du hasard, entre images et textes, nous tentons de tirer des interprétations sibyllines.
Ni manipulation d’ images, ni détournement, il s’agit d’interroger ce que l’on appelle dans la presse le rapport « titre-photo », et plus largement notre rapport à l’image et à la mise en mots de l’image. Si nous sommes tous d’accord pour dire que nous vivons dans une société de l’image, reste que nous sommes incapables de nous tenir devant une photographie sans avoir immédiatement besoin qu’on nous la traduise en mots par une légende. Au point, souvent, de se précipiter sur cette légende avant même de regarder attentivement la photo.
La personne, à qui est présentée l’image, ne peut pas ne pas apercevoir, ni ne pas lire les mots inscrits à l’entour. Elle est attirée suivant la position et la grandeur relative des éléments, d’abord par les caractères ou d’abord par l’image, revenant des uns à l’autre ou réciproquement. Telle est la situation, quelle que soit l’opinion sur l’utilité de la légende. Si l’on veut tenter de comprendre comment fonctionne la communication, il n’est pas possible de demeurer dans la théorie ; il faut partir de ce qui existe en fait : un hybride, photo plus légende. Rôle de la légende « Une photogaphie vaut mille mots. » Cette sentence souvent répétée pourrait apparaître une évidence au premier abord. Il est certain que même plus de mille mots ne peuvent décrire et épuiser un contenu qui n’est pas réductible à une structure linguistique.

La photo source iconographique

Depuis la fin du XIXe siècle, les évolutions technologiques permettent de toujours mieux capter  sons et images, offrant parfois l’illusion de pouvoir représenter le réel. De nombreux chercheurs ont affirmé que ces différents supports deviendraient, à terme, des sources définitives, et permettraient de supplanter le travail des historiens. En immortalisant des instants éphémères, la photographie a très largement contribué à forger cette croyance. Pourtant, plus d’un siècle après son développement, elle demeure une source comme une autre qui doit être soumise à un rigoureux travail critique.

Fragments tirés de
la photographie et sa légende
l’image et sa légende
bien plus que des illustrations