Ce livre libre s’inspire de la nouvelle de Frank Pavloff « Matin brun ». Il s’ouvre et se plie comme une carte de géographie ou un plan de ville.
Cette petite fiction « pause-café » que je relis ponctuellement est comme un phare dans la tempête, un repère dans la nuit noire de la bêtise, de la peur, de l’obéissance aveugle et de ses possibles conséquences. Il faut l’avoir toujours à portée de lecture, pliée dans la poche.
La technique utilisée pour la création des estampes est en lien avec la dénonciation de l’histoire, il s’agit de la technique dite du suicide qui consiste à graver toujours davantage, détruisant peu à peu l’illustration de départ. Chaque étape dévoile une nouvelle image pour ne laisser in fine que le vide.
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Chaque estampe-dessin trouve en miroir une estampe illustrant un mot clé du texte.
Techniquement, je n’ai voulu utiliser que les moyens du bord, « kitchen-print ». L’action ne nécessitant que mes propres forces ou astuces, je me trouvais en situation de message de la fiction.
Les linogravures tirées sur papier Japon n’ont nécessité que le rouleau à pâte tout comme le titre, composé avec d’anciennes lettres d’imprimerie en bois assemblées avec du ruban adhésif.
Enfin, pour l’impression du texte il a suffi de mon imprimante de maison.
La carte dépliée offre, à dessein, une vue d’ensemble sombre, un tableau pesant comme la fiction. Pour laisser trace d’ une image de paix, un tableau de la vie, j’ai procédé au marouflage d’ un monotype couleur au dos de la carte.
Celle-ci repliée se ferme avec un brassard de feutrine cousu puis brodé de croix dont une « gammée ».

La carte livre libre de « Matin brun » a été dépliée lors de la troisième triennale de « tirage limité » à Lausanne où elle a eu le privilège d’être acquise par le Conservateur S. Corsini pour rejoindre la grande poche des livres précieux de la BCU-Lausanne.
Matin brun exposition.





