Ecce homo continuum

 « … le pouvoir pour le pouvoir, exclusivement pour le pouvoir. Le bien des autres ne l’intéresse pas. Il ne recherche ni la richesse, ni le luxe, ni une longue vie, ni le bonheur. Il ne recherche que le pouvoir. Le pur pouvoir. Ce que signifie pouvoir pur. »…



« Nous savons que jamais personne ne s’empare du pouvoir avec l’intention d’y renoncer. Le pouvoir n’est pas un moyen, il est une fin.
« La guerre c’est la paix. La liberté c’est l’esclavage. L’ignorance c’est la force. »
« Le crime de penser n’entraîne pas la mort. Le crime de penser est la mort. »
« La liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Lorsque cela est accordé, le reste suit. »
« Ne voyez-vous pas que le véritable but de la novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? A la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. Tous les concepts nécessaires seront exprimés par un seul mot dont le sens sera rigoureusement délimité. Toutes les significations subsidiaires seront supprimées et oubliées. (…) Chaque année, de moins en moins de mots, et le champ de la conscience de plus en plus restreint.» 

http://www.vialupo.com/verbatim/oeuvres/1984.html


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Tiré du site de France culture, la novlangue, de George Orwell à Donald Trump:
… Le 22 janvier dernier, le directeur de la communication de la Maison-Blanche, Sean Spicer, a clamé haut et fort que la foule présente le jour de l’investiture de Donald Trump a été « la plus importante à avoir jamais assisté à une investiture dans le monde. Point barre« . Le mensonge est un peu gros et copieusement moqué, et c’est au tour de la conseillère de Donald Trump d’intervenir : pour justifier la sortie de son collègue, Kellyanne Conway a assuré que ce dernier avait donné des « faits alternatifs » afin de contrecarrer les « choses fausses » avancées par les médias.

Ce procédé – tordre le sens du langage pour que les événements deviennent conformes à une réalité que l’on souhaite voir exister – n’a pas attendu l’équipe de Donald Trump pour être conceptualisé : il existait déjà sous forme de fiction dans le roman « 1984 » de George Orwell. Dans cette oeuvre dystopique, l’écrivain décrivait la « novlangue », un langage devenu instrument de pouvoir et de contrôle des masses. Les américains ne s’y sont pas trompés : peu après la sortie de Kellyanne Conway, « 1984 », pourtant publié en 1948, a été propulsé en tête des ventes sur le site Amazon, contraignant la maison d’édition Penguin à commander 70 000 exemplaires supplémentaires pour faire face à la demande. L’occasion de revenir, à travers les archives de France Culture, sur la façon qu’a eu l’écrivain d’analyser les enjeux du pouvoir à travers la place du langage.


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Dans « 1984 », la « novlangue » a pour but ultime l’appauvrissement de la langue : ce procédé a pour ambition d’empêcher tout un chacun de critiquer le système totalitaire d’Océania (le « pays » où se déroule l’intrigue), selon l’idée qu’il est difficile de concevoir quelque chose si on ne peut l’exprimer.
« Orwell avait été frappé, dans les régimes totalitaires nazi et stalinien, de la manière dont on forgeait certains mots à partir d’autres mots, comme par exemple ‘gestapo’, racontait l’auteur Bernard Gensane dans l’émission une vie une oeuvre, consacrée à George Orwell en 1997. « Il disait : quand on forge un mot comme ‘gestapo’, très rapidement, plus personne ne sait ce que ça veut dire, pas même un Allemand ne sait ce que ça signifie exactement, police secrète d’Etat. Donc les mots, les sigles mentent, les sigles cachent la vérité, et il faut choisir les mots les plus simples possibles […] parce que les mots sont les miroirs de notre pensée. […] Et donc Orwell a développé cette problématique : qu’est-ce qu’une langue artificielle ? C’est une langue qui va être comprise par tout le monde et donc une langue où par définition on va faire simple. On va faire simple donc on va supprimer des mots. Et qu’est-ce qu’on va supprimer ? Pas le mot ‘table’, mais éventuellement le mot ‘guéridon’. On va supprimer les synonymes, les mots qui veulent dire plus grand ou plus petit, comme ‘guéridon’. Tout ça a mûri pendant un certain nombre d’années et il a fini par créer ce « newspeak », cette novlangue.« 

« A la fin de « 1984 », il y a un appendice qui parle du novlangue, précisément, avec sa syntaxe, sa grammaire, rappelait quant à elle la romancière et essayiste Isabelle Jarry dans l’émission « Tire ta langue » du 23.09 2003. George Orwell a beaucoup réfléchi à cette question de la langue, dans les deux sens. C’est-à-dire la langue facteur d’oppression, et la langue vecteur de liberté. On peut se libérer par la langue, mais encore faut-il conserver toute sa richesse, sa précision, et vraiment faire un véritable travail de sémiologue, même à titre individuel. Alors que le pouvoir, et à plus forte raison le pouvoir totalitaire, a pour but de réduire la liberté mais aussi de réduire l’individu. »
../../../../litterature/la-propagande-en-regime-democratique/

«Dans Homo sovieticus, Zinoviev démontre ‘comment’ l’Occident est en train de se laisser posséder, non pas de l’extérieur par la conquête, ni de l’intérieur, par le procédé dit de la ‘cinquième colonne’, mais par la corruption de son être même. » – V. Volkoff (Le Point)
../../../../litterature/novlangue/


Photos: capture d’écran du fan film « Trump 1984 ».• Crédits : Nick Acosta et de Big Brother, dans le film « 1984 » tirées de France culture, la novlangue, de George Orwell à Donald Trump.

 

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