Retrouvez les estampes de février 2016 « mon messager » créé en livre libre de 72 estampes représentant 365 icônes pour l’année.
Chaque feuille représente un mois gravé de six estampes tirées en une impression.
Il offre une compilation d’informations en tous genres selon l’humeur, les sources, les événements du moment. Al manah
Février
Estampe 7
Le paradoxe est une forme de raisonnement qui va à l’encontre de la pensée courante.
A partir d’un principe on arrive à des conclusions contradictoires remettant ainsi en cause le principe sur lequel elles sont basées. Puissant stimulant pour la réflexion, il est souvent utilisé par les philosophes pour révéler la complexité de la réalité, montrer les faiblesses de l’esprit humain ou encore cerner les limites d’outils conceptuels.
C’est ainsi que des paradoxes basés sur des concepts simples ont permis des découvertes autant en science qu’en philosophie, en mathématiques. Le paradoxe de Fermi
L’un des paradoxes les plus populaires de l’Antiquité est « le paradoxe du menteur » par Epiménide le Crétois. « Tous les Crétois sont des menteurs. » Epiménide ne peut dire la vérité puisqu’il est Crétois. Mais la contradiction réside dans le fait qu’ Epiménide ne ment pas en disant cela.
Le paradoxe du barbier
Un jeune étudiant se rendit un jour chez son barbier. Il engagea la conversation et lui demanda s’il avait de nombreux concurrents dans sa jolie cité. De manière apparemment innocente, le barbier lui répondit :
– Je n’ai aucune concurrence. En effet, de tous les hommes de la cité, je ne rase évidemment pas ceux qui se rasent eux-mêmes, mais j’ai le bonheur de raser tous ceux qui ne se rasent pas eux-mêmes.
– Et moi, qui me rase ?
En quoi donc cette question put-elle mettre en défaut la logique de son client? Se rase-t-il lui-même, oui ou non ?
Supposons qu’il se rase lui-même : il entre dans la catégorie de ceux qui se rasent eux-mêmes, dont le barbier a précisé qu’il ne les rasait évidemment pas. Donc il ne (se) rase pas lui-même.
Très bien ! Supposons alors qu’il ne se rase pas lui-même : il entre alors dans la catégorie de ceux qui ne se rasent pas eux-mêmes, dont le barbier a précisé qu’il les rasait tous. Donc il se rase lui-même.
Finalement, ce malheureux barbier est dans une position étrange : s’il se rase lui-même, il ne se rase pas, et s’il ne se rase pas lui-même, il se rase. Cette logique est autodestructrice, stupidement contradictoire, rationnellement irrationnelle.
Le problème vient du fait que le barbier est un élément de l’ensemble de tous les hommes de la cité.
Ce paradoxe de la logique n’est pas qu’une amusette de philosophe désœuvré, il a un rapport étroit avec les mathématiques.
Au début du XXème siècle, Bertrand Russell et plus tard Rudolf Carnap (Théorie dite des types logiques), montrent que les entités logiques ne sont pas toutes de même type. Le « tout » dans un ensemble d’objets n’est pas du même type que les objets eux-mêmes. Ainsi ce qui s’applique à tous les hommes ne s’applique pas au cas individuel du barbier.
Estampe 8
Man O To
Khonak an dam ke neshinim dar eyvan,
man o to
Be do naghsho be do soorat, be yeki jan,
man o to
Khosh o faregh ze khorafat-e-parishan
man o to
Man o to,
bi man o to, jam’ shavim az sar-e-zogh »
Toi et Moi
« Heureux le moment où nous serons assis dans le palais,
toi et moi,
Avec deux formes et deux visages, mais une seule âme,
toi et moi.
Les couleurs du bosquet et les voix des oiseaux conféreront l’immortalité
au moment où nous entrerons dans le jardin,
toi et moi.
Les étoiles du ciel viendront nous regarder,
toi et moi.
Toi et moi,
Ô toi et moi, nous leur montrerons la lune elle-même ».
« Man O To » nous fait découvrir les vers d’un poème onirique de Djalâl ad-Dîn Rûmî, écrivain persan du XIIIème siècle. Ce sont les paroles envoûtantes d’une chanson signée Nu, artiste allemand d’origine iranienne, produit sur la compilation Get lost V, par Crosstown Rebels.
Estampe 9
Le povuoir phoémanénl du crveeau huamin.
Soeln une rcheerche fiat à l’Unievristé de Cmabridge, il n’y a pas d’iromtpance sur l’odrre dnas luqeel les lerttes snot, la suele cohse imotprante est que la priremère et la derènire letrte du mot siot à la bnone palce.
La raoisn est que le ceverau hmauin ne lit pas les mtos par letrte mias ptuôlt cmome un tuot.
Étonannt n’est-ce pas ?
On a tujoours psneé que svaoir élpeer éatit ipomratnt
et ici?
UN B34U JOUR D’373, J’37415 5UR L4 PL4G3 37 J3 R3G4RD415 D3UX J3UN35 F1LL35 JOU4N7 D4N5 L3 54BL3.
3LL35 CON57RU15413N7 UN CHÂ734U D3 54BL3, 4V3C 7OUR5, P4554G35 C4CH35 37 PON7-L3V15. 4LOR5 QU’3LL35 73RM1N413N7, UN3 V4GU3 357 4RR1V33 37 4 7OU7 D37RU17, R3DU154N7 L3 CH4734U 3N UN 745 D3 54BL3 37 D’3CUM3.
J’41 CRU QU’4PR35 74N7 D’3FFOR7, L35 F1LL37735 COM3NÇ3R413N7 4 PL3UR3R, M415 4U CON7R41R3 3LL35 COURRUR3N7 5UR L4 PL4G3, R14N7 37 JOU4N7 37 COMM3NÇ3R3N7 4 CON57RU1R3 UN 4U7R3 CHÂ734U. J’41 COMPR15 QU3 J3 V3N415 D’4PPR3NDR3 UN3 GR4ND3 L3ÇON.
NOU5 P455ON5 UN3 GR4ND3 P4R713 D3 NO7R3 V13 4 CON57RU1R3 D35 CHO535 M415 LOR5QU3 PLU5 74RD UN3 V4GU3 L35 D3MOL17, L35 53UL35 CHO535 QU1 R3573N7 5ON7 L’4M1713, L’4MOUR 37 L ‘4FF3C71ON 37 L35 M41N5 D35 G3N5 QU1 5ON7 C4P4BL35 D3 NOU5 F41R3 5OUR1R3.
Estampe 10
voir en musique
Soñar y nada más
No despiertes si sueñas amores,
niña hermosa, que amar es soñar…
Despertar es quebrar ilusiones
y hallar, entre sombras, la amarga verdad.
No despiertes si vives soñando
y en tu mente hay torrentes de sol;
si en tus sueños se encienden suspiros
que te cercan y acallan tu voz.
Soñar y nada más,
con mundos de ilusión…
Soñar y nada más,
con un querer arrobador…
¡Soñar que tuyo es él
y vive para ti!…
Soñar, siempre soñar
que dicen que, en amor,
es triste despertar.
Soñar y nada más,
con noches de quietud,
que, misteriosas, van,
cantando amor y beatitud.
Volar a las estrellas
de divinos resplandores
y, en esa eternidad,
vivir un ideal…
¡Soñar y nada más!…
No despiertes si sueñas quereres,
que sin duda soñar es vivir…
Mientras tu alma vislumbre ternuras,
verás, niña hermosa, que el mundo es feliz.
Despertar es matar esperanzas
y enfrentar a la cruel realidad…
Es por eso que quiero que sueñes,
que soñando jamás llorarás.
Estampe 11
« Un acte inqualifiable », « un travail de cochon ».
Voici comment les médias espagnols ont qualifié la restauration d’une peinture murale représentant le Christ par une octogénaire habituée de l’église.
Datant du XIXème, cette peinture avait été réalisée par le peintre espagnol Elias Garcia Martinez.
En découvrant ce fait de société, j’éclatai de rire. La lecture des commentaires artistiques pétris de radicalisme du tabou de l’art ne différant pas de ceux pétris de radicalisme du tabou de la religion.
Des réactions qui mettent une nouvelle fois en lumière le conditionnement indéfectible sur le sentiment de “beauté” pour l’expression picturale et de foi pour l’expression iconographique.
Cette restauration “personnelle” hors concensus offre à voir et prier autrement. Cécilia Giménez ouvre la fenêtre pour aérer la pièce. Elle habite la campagne, l’air y est frais comme en ville mais comporte les parfums de sa vie.
Et maintenant que de “vrais” artistes ont bienheureusement récupéré cette idée de restauration en modifiant eux-aussi le visage du Christ à leur sauce, leurs oeuvres ne seront considérées blasphématoires ni pour l’art, ni pour la religion, on les retrouvera religieusement exposées et adorées comme il se doit.
Estampe 12
… De ce fait, il n’y aurait pas d’œuvres laides, mais seulement des œuvres qui n’accèdent pas au statut d’œuvre d’art par défaut de maîtrise. Et pourtant comment se satisfaire d’une telle approche sans tenir compte d’autres éléments. Raymond Polin esquisse quelques solutions face à ce problème : soit l’artiste a enfreint certaines « normes de façon intentionnelle ou non », soit sa création indépendamment de toute remise en question des normes « se trouve accordée à un ordre différent ». Mais alors, si comme le précise le philosophe : « il n’y a point de laideur négative pour qui la crée, car il n’y a point de but négatif pour une invention, fut-elle imaginaire », l’œuvre d’art qui répond à d’autres critères que ceux considérés comme règles du beau, peut en cela être novatrice. Dans cette approche, si la laideur de l’œuvre ne peut être que fonction de la non reconnaissance de certaines règles à telle époque et dans telle culture donnée, il est difficile d’expliquer comment il sera possible de la juger laide.
L’art et la laideur
Le dégoût de la laideur






